Une nuit dans le Cirque des Evettes

J’avais découvert il y a quelques années une photo étonnante d’un glacier se terminant brutalement dans un lac de montagne. Un peu à la façon d’un glacier groenlandais ou patagon. C’était le Glacier du Grand Méan, et je m’étais promis d’aller y bivouaquer un jour. Plus récemment, une photo du Cirque des Evettes me poussa à y aller pour faire d’une pierre deux coups. Je pourrais profiter du coucher et du lever de soleil près du refuge des Evettes, avant d’aller repérer le glacier dans la matinée.

Un cirque glaciaire en Haute Maurienne

Le cirque des Evettes se trouve sur la commune de Bonneval-sur-Arc, tout au bout de la vallée de la Maurienne. Dominé par la pointe de l’Albaron, il offre encore quelques glaciers au regard. Mais ce qui le rend exceptionnel, c’est que ces glaciers ont laissé des traces très visibles de leur retrait depuis le Petit Âge Glaciaire. On retrouve de nombreux dépôts morainiques sur le petit plateau au pied du cirque, ainsi qu’un lac glaciaire.

Le pont romain du Cirque des Evettes

Il y a deux accès au Cirque des Evettes pour le randonneur. Le plus facile est de monter droit au-dessus du hameau de l’Ecot pour arriver directement au refuge des Evettes. De là, on découvre d’un coup la vue sur le site. Il faudra compter deux ou trois heures de marche pour monter au refuge des Evettes, selon votre forme. Quelqu’un de bien entrainé le fera en à peine une heure.

L’autre itinéraire est plus délicat, à réserver aux randonneurs aguerris et à éviter un jour de pluie. Il s’agit de remonter le ruisseau de la Reculaz, puis ses gorges, pour arriver à l’entrée du plateau. Plus délicat, cet itinéraire est aussi plus étonnant. En effet, à la sortie des gorges de la Reculaz on passe devant un « pont romain » (l’est-il vraiment ?) fort esthétique. Ce pont donne accès au cirque et au Grand Méan. Une cascade se jette aussi dans les gorges après avoir franchi le pont. Bref, c’est l’itinéraire du photographe !

Le brouillard étouffe les flammes

Vous l’aurez deviné, je suis monté par les gorges de la Reculaz et j’ai fait une longue pause près du pont romain avant d’arriver au refuge. A peine arrivé, je ressortais mon matériel photo du sac pour aller au bord des petits lacs jouxtant le refuge des Evettes. Fin septembre la nuit arrive déjà vite. Le coucher de soleil fut de courte durée, il y avait peu du nuages d’altitude pour embraser le ciel. Qui plus est, le brouillard vint assez vite fermer la vue. Mais j’avais deux ou trois belles prises. Quelques nuages accrochés à la Pointe de Bonneval ou l’Albaron avaient bien voulu s’enflammer.

Le Cirque des Evettes sous les étoiles

Le brouillard ayant quelque peu contrecarré mes plans de photographier la voie lactée, j’allais me coucher tôt et mis mon réveil heu… tôt. 5h30 précisément. Ce fut une excellente idée, le ciel était totalement dégagé et je pus enfin faire joujou tester mon nouvel équipement, plus adapté que l’ancien aux conditions de faible éclairage. Un vrai bonheur de prendre le petit déjeuner tout en photographiant le Cirque des Evettes sous extraordinaire un ciel étoilé !

L’heure pourpre

Peu à peu, les étoiles s’éteignant, une curieuse ambiance pourpre vint baigner le Cirque des Evettes. Si l’heure bleue est bien connue des photographes, je faisais connaissance avec l’heure pourpre. Plus haut et mieux exposé que ses voisins, l’Albaron semblait briller dans la pénombre. Ce ne fut pas une surprise de le voir capter les rayons du soleil avant tout le monde. Cette ambiance magique s’estompant avec l’arrivée du soleil, je me remis en chemin.

Un petit air patagon

Dominant le Cirque des Evettes, le Mont Seti cache une surprise offerte par le réchauffement climatique : le lac du Grand Méan. En se retirant, le glacier éponyme a laissé un surcreusement dans lequel s’attardent ses eaux de fonte. Rien d’exceptionnel, à part que le front du glacier s’interrompt brutalement dans ce lac. Ces falaises de glace sont déjà moins banales dans les Alpes, on a plutôt l’habitude de les observer en Patagonie ou au Groenland ! D’autres apparaitront sans doute ailleurs, celui-ci ne durera pas. Ce fut donc pour moi une occasion unique de faire un voyage lointain pour observer les icebergs. Et cela, sans quitter la Savoie.

Il faut compter une heure ou deux depuis le refuge des Evettes pour monter au Grand Méan. Il est indispensable d’être autonome en montagne et de savoir lire une carte, car c’est hors sentiers ! De nombreux passages étant sur des dalles rocheuses, il est préférable d’attendre que l’été soit bien installé, et d’éviter les jours de pluie.

Le Cirque des Evettes côté photo

Les Cirque des Evettes mérite vraiment le grand angle tellement il est grandiose. J’ai fait toutes mes photos du cirque au 15mm (avec un réflex 24:36, soit l’équivalent d’un 10mm pour un capteur APS-C). Le glacier du Grand Méan et ses mini-icebergs, eux, sont parfaits pour laisser libre court à l’imagination et varier les focales !

J’ai aussi profité de cette sortie pour découvrir mon nouvel équipement. En effet, je venais de m’offrir un boitier 24:36 (le format grand public de l’époque de la pellicule), le Pentax K1. Le capteur étant plus grand que celui de mon ancien boitier, j’ai dû mettre à jour mon parc d’objectifs.

J’avais déjà quelques objectifs compatibles, mais il me manquait un ultra grand angle. Le nouveau Pentax 15-30mm f/2.8 était bien trop lourd et surtout trop cher pour moi. J’ai donc opté pour le Irix 15mm f/2.4, dans sa version « légère » (550g quand même). Imposant, mais quelle qualité d’images !

Comme à l’accoutumée, vous pourrez retrouver les photos de cet article dans la galerie.

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