Une nuit dans le Cirque des Evettes

J’avais découvert il y a quelques années une photo étonnante d’un glacier se terminant brutalement dans un lac de montagne. Un peu à la façon d’un glacier groenlandais ou patagon. C’était le Glacier du Grand Méan, et je m’étais promis d’aller y bivouaquer un jour. Plus récemment, une photo du Cirque des Evettes me poussa à y aller pour faire d’une pierre deux coups. Je pourrais profiter du coucher et du lever de soleil près du refuge des Evettes, avant d’aller repérer le glacier dans la matinée.

Un cirque glaciaire en Haute Maurienne

Le cirque des Evettes se trouve sur la commune de Bonneval-sur-Arc, tout au bout de la vallée de la Maurienne. Dominé par la pointe de l’Albaron, il offre encore quelques glaciers au regard. Mais ce qui le rend exceptionnel, c’est que ces glaciers ont laissé des traces très visibles de leur retrait depuis le Petit Âge Glaciaire. On retrouve de nombreux dépôts morainiques sur le petit plateau au pied du cirque, ainsi qu’un lac glaciaire.

Le pont romain du Cirque des Evettes

Il y a deux accès au Cirque des Evettes pour le randonneur. Le plus facile est de monter droit au-dessus du hameau de l’Ecot pour arriver directement au refuge des Evettes. De là, on découvre d’un coup la vue sur le site. Il faudra compter deux ou trois heures de marche pour monter au refuge des Evettes, selon votre forme. Quelqu’un de bien entrainé le fera en à peine une heure.

L’autre itinéraire est plus délicat, à réserver aux randonneurs aguerris et à éviter un jour de pluie. Il s’agit de remonter le ruisseau de la Reculaz, puis ses gorges, pour arriver à l’entrée du plateau. Plus délicat, cet itinéraire est aussi plus étonnant. En effet, à la sortie des gorges de la Reculaz on passe devant un « pont romain » (l’est-il vraiment ?) fort esthétique. Ce pont donne accès au cirque et au Grand Méan. Une cascade se jette aussi dans les gorges après avoir franchi le pont. Bref, c’est l’itinéraire du photographe !

Le brouillard étouffe les flammes

Vous l’aurez deviné, je suis monté par les gorges de la Reculaz et j’ai fait une longue pause près du pont romain avant d’arriver au refuge. A peine arrivé, je ressortais mon matériel photo du sac pour aller au bord des petits lacs jouxtant le refuge des Evettes. Fin septembre la nuit arrive déjà vite. Le coucher de soleil fut de courte durée, il y avait peu du nuages d’altitude pour embraser le ciel. Qui plus est, le brouillard vint assez vite fermer la vue. Mais j’avais deux ou trois belles prises. Quelques nuages accrochés à la Pointe de Bonneval ou l’Albaron avaient bien voulu s’enflammer.

Le Cirque des Evettes sous les étoiles

Le brouillard ayant quelque peu contrecarré mes plans de photographier la voie lactée, j’allais me coucher tôt et mis mon réveil heu… tôt. 5h30 précisément. Ce fut une excellente idée, le ciel était totalement dégagé et je pus enfin faire joujou tester mon nouvel équipement, plus adapté que l’ancien aux conditions de faible éclairage. Un vrai bonheur de prendre le petit déjeuner tout en photographiant le Cirque des Evettes sous extraordinaire un ciel étoilé !

L’heure pourpre

Peu à peu, les étoiles s’éteignant, une curieuse ambiance pourpre vint baigner le Cirque des Evettes. Si l’heure bleue est bien connue des photographes, je faisais connaissance avec l’heure pourpre. Plus haut et mieux exposé que ses voisins, l’Albaron semblait briller dans la pénombre. Ce ne fut pas une surprise de le voir capter les rayons du soleil avant tout le monde. Cette ambiance magique s’estompant avec l’arrivée du soleil, je me remis en chemin.

Un petit air patagon

Dominant le Cirque des Evettes, le Mont Seti cache une surprise offerte par le réchauffement climatique : le lac du Grand Méan. En se retirant, le glacier éponyme a laissé un surcreusement dans lequel s’attardent ses eaux de fonte. Rien d’exceptionnel, à part que le front du glacier s’interrompt brutalement dans ce lac. Ces falaises de glace sont déjà moins banales dans les Alpes, on a plutôt l’habitude de les observer en Patagonie ou au Groenland ! D’autres apparaitront sans doute ailleurs, celui-ci ne durera pas. Ce fut donc pour moi une occasion unique de faire un voyage lointain pour observer les icebergs. Et cela, sans quitter la Savoie.

Il faut compter une heure ou deux depuis le refuge des Evettes pour monter au Grand Méan. Il est indispensable d’être autonome en montagne et de savoir lire une carte, car c’est hors sentiers ! De nombreux passages étant sur des dalles rocheuses, il est préférable d’attendre que l’été soit bien installé, et d’éviter les jours de pluie.

Le Cirque des Evettes côté photo

Les Cirque des Evettes mérite vraiment le grand angle tellement il est grandiose. J’ai fait toutes mes photos du cirque au 15mm (avec un réflex 24:36, soit l’équivalent d’un 10mm pour un capteur APS-C). Le glacier du Grand Méan et ses mini-icebergs, eux, sont parfaits pour laisser libre court à l’imagination et varier les focales !

J’ai aussi profité de cette sortie pour découvrir mon nouvel équipement. En effet, je venais de m’offrir un boitier 24:36 (le format grand public de l’époque de la pellicule), le Pentax K1. Le capteur étant plus grand que celui de mon ancien boitier, j’ai dû mettre à jour mon parc d’objectifs.

J’avais déjà quelques objectifs compatibles, mais il me manquait un ultra grand angle. Le nouveau Pentax 15-30mm f/2.8 était bien trop lourd et surtout trop cher pour moi. J’ai donc opté pour le Irix 15mm f/2.4, dans sa version « légère » (550g quand même). Imposant, mais quelle qualité d’images !

Comme à l’accoutumée, vous pourrez retrouver les photos de cet article dans la galerie.

Balade au Népal

Amoureux de l’Himalaya depuis fort longtemps, il fallait bien que j’aille m’y promener un jour. Je fus sans doute attiré là par Tintin au Tibet, les diapos népalaises de mes parents et la série « Jonathan » de Cosey. J’avais enfin pu réaliser ce vieux rêve himalayen en 2007 avec un voyage au Ladakh. Le Népal était mon premier choix mais la guerre civile se terminait à peine. Je découvrais le Ladakh au hasard d’un livre et y partis pour un mois et demi et deux petits treks en solo.

En route pour le Népal !

En 2009 je voulus retourner dans ces hautes et lointaines montagnes, mais pas tout seul cette fois. J’invitais donc une bande copains à m’accompagner au Népal pour le très classique trek du camp de base de l’Everest. Nous voilà donc dans l’avion pour New Delhi, puis le train et enfin le bus jusqu’à Katmandou. Cette solution était moins chère et plus fun qu’un vol direct.

Une fois passés les effets du décalage horaire et la fatigue du voyage, nous reprîmes le bus. Cette fois pour une longue journée jusqu’à Jiri, départ classique du trek en version longue. C’était parti pour 3 semaines de marche ! La première partie devait nous amener de Jiri à Namche Bazar.

Du piémont népalais à l’Himalaya central

Les sommets enneigés étaient loin, les autres trekkers aussi. En une semaine nous avions dû croiser en tout et pour tout une cinquantaine de nos congénères. Nos compagnons de marche étaient avant tout les porteurs ravitaillant la haute vallée privée de routes. Nous, portant à peine 10-15kg, eux chargés de 50 à 100kg ! L’accueil dans les lodges y était rustique, mais sincère, les enfants souvent curieux.

En passant l’aéroport de Lukla, ce fut un changement d’univers. D’un coup nous retrouvions le monde du tourisme de masse, mais aussi nous nous rapprochions des hautes montagnes. Deux jours de repos (actif !) à Namche Bazar pour nous acclimater à l’altitude. En une semaine nous avions évolué entre 1500 et 3500m d’altitude, pas grand chose pour la région. Namche, c’est un peu la capitale des Sherpas. Lieu de passage pour les trekkers comme pour les locaux, le village s’est beaucoup agrandi. Il abrite un marché fort bien achalandé par des Tibétains qui passent la frontière à pieds par des cols souvent glaciaires…

Direction l’Everest

De là, nous repartîmes en direction de l’Everest, mais avec un petit détour par Dingboche. Pour nous acclimater, toujours, mais aussi voir de près les belles pentes de l’Ama Dablam. Premières nuits au-dessus de 4000m, nous frôlions les 5000m et ralentissions le pas…

De Dingboche, il y avait la possibilité de passer le Kongma La – « la » signifiant « col » dans divers dialectes tibétains. C’est un « petit » col culminant à 5535m, le premier de la trilogie des cols du Khumbu. L’hésitation fut grande mais l’acclimatation insuffisante. Nous empruntâmes donc sagement la vallée, pour remonter le long du Khumbu Glacier. Notre objectif était le Kala Patthar, un tas de cailloux au pied de la belle pyramide du Pumo Ri. Un tas de cailloux de 5600m quand même, avec une vue imprenable sur Sa Majesté l’Everest. Un tas de cailloux qui nous aura vu cracher nos poumons pour voir un paysage nuageux. On aura vu l’Everest, mais la lumière aura manqué au photographe.

Par les cols du Népal

Un nouveau retour en arrière, jusqu’au front du Khumbu Glacier, pour bifurquer au pied du Cho La, deuxième col de la trilogie. Celui-ci fait tranquillement ses 5368m et, contrairement au Kala Patthar que nous avions pu gravir légers, nous dûmes y hisser nos sacs. Le petit glacier débonnaire du sommet fut une délivrance et, suprême outrage, quelques-uns d’entre nous marquâmes le coup par une pause clope. Une clope à 5368m d’altitude, ça a une autre saveur.

La descente sur Gokyo ne me laissa pas beaucoup de souvenirs, jusqu’à la traversée du Ngozumba Glacier. Un fleuve de glace s’écoulant sur 10km depuis le sommet du Cho Oyu, sa traversée eût un petit goût d’aventure malgré le balisage.

Gokyo et le Renjo La

Gokyo se présenta comme un bel endroit pour une pause de deux jours. Des yacks, des lacs, des montagnes et un glacier gigantesque. Certains, impatients de retrouver un peu de civilisation, décidèrent de redescendre sur Namche. Les autres préférèrent se balader une journée avant de franchir un dernier col le lendemain, le Renjo La.

La montée au Renjo La sembla bien facile après ces semaines d’acclimatation sur les sentiers du Népal. Du haut du col, nous pûmes enfin admirer l’Everest et le Lhotse sous le soleil, la vue portait même jusqu’au lointain Makalu.

Derrière le Renjo La, ce fut la vallée de Thame, puis la descente sur Namche et l’acrobatique aéroport de Lukla. Et de là, un Twin Otter nous ramena à Katmandou, capitale du Népal, un peu moins au milieu des montagnes.

Retour à Katmandou

Notre première idée, de retour à Katmandou, fut d’aller dévorer un beefsteak après quelques semaines de dahl bhat. La deuxième fut de visiter quelques sites touristiques incontournables de la vallée. Le stupa de Bodnath était le premier sur la liste, suivi de la petite ville de Badrinath et du « monkey temple » de Swayambunath. La vallée de Katmandou regorge d’autres lieux à visiter, mais nous étions attendus dans la plaine. En effet, un français croisé au Cho La nous avait invités dans le Parc National de Bardia. Son Racy Shade Resort était un bon endroit pour découvrir la jungle, bien que le tigre se soit finalement fait discret…

Leaving for Nepal, a long way to Varanasi

A l’origine, nous avions prévu de rejoindre Varanasi depuis Katmandou. Ça ne faisait pas un gros détour pour ensuite aller chercher notre avion à New Delhi. Ce que nous n’avions pas réalisé, l’usage du smartphone et de google map étant assez marginal en 2009, c’est que depuis Bardia ce n’était plus du tout la même direction. Qu’importe, nous ne le savions pas et nous voilà entassés dans un jeep trouvée à Nepalganj, frontière entre l’Inde et le Népal. Nous n’arrivâmes à Varanasi qu’à 3h du matin, après nous être copieusement perdus en route. Nos chauffeurs n’avaient pas osé avouer qu’ils ne savaient pas où ils nous emmenaient.

Les trois jours prévus sur place ne furent pas de trop pour nous poser un peu. Pas grand chose à visiter, à part errer dans les ruelles et sur les ghâts, l’essence d’un voyage en Inde en somme. Et surtout, après s’être réveillé en pestant contre le muezzin de 5h du matin, profiter d’interminables levers de soleil sur le Gange, avant que les macaques n’achèvent de réveiller bruyamment les derniers dormeurs. Le chant du muezzin est infiniment plus doux que les joutes territoriales des macaques.

Le Taj Mahal

Nous avions réservé notre billet de train Varanasi – Agra depuis la France, histoire de nous éviter des galères sur place. Il n’y a pas à dire, les trains couchettes indiens n’étaient pas mal. Pour le coup, Agra se trouve vraiment sur le chemin pour rentrer à New Delhi depuis Varanasi, il eût été dommage de ne pas voir le Taj Mahal une fois dans notre vie. Peut-être un des monuments les plus touristiques de tout le sous-continent, mais une belle façon de terminer un voyage.

Comme d’habitude, la plupart de ces photos sont visibles en plus grand dans la galerie photo, ici pour les photos prises au Népal, et là pour celles prises à Agra et Varanasi.

Le miroir du Cormet de Roselend

Pour terminer le séjour de Xavier, après un bivouac au Lac d’Arpy et une nuit au refuge du Plan du Lac, j’ai décidé d’explorer un nouveau site. Un autre ami photographe m’avait il y a quelques années envoyé une surprenante photo du Mont Blanc se reflétant dans un lac, près du Cormet de Roselend. J’avais mis du temps à trouver d’où il avait bien pu la prendre !

Un lac sans nom

Ce petit lac n’a pas de nom connu ni de chemin tracé sur les cartes. Il se trouve pourtant tout près d’un lieu touristique très fréquenté : le Cormet de Roselend. Il est perché à plus de 2000m d’altitude dans le Beaufortain et offre une belle vue sur le Mont Blanc. Un beau lieu pour bivouaquer ! Je ne donnerai pas plus d’informations, pour préserver un des rares lieux peu fréquentés de la région, ainsi que la tranquillité des vaches qui y pâturent.

Autant dire que nous y étions tranquilles, à peine perturbés par la curiosité des vaches ! Le plus difficile fut finalement de trouver un endroit assez plat et pas trop caillouteux pour y planter la tente ! En effet, malgré l’altitude modeste, le lac se trouve au pied de nombreux éboulis et d’une imposante moraine, à priori formée par un glacier rocheux peut-être encore actif.

De l’adaptation du photographe

Quelques linaigrettes ont fait notre bonheur le temps que le Mont Blanc prenne des couleurs, puis tout s’est emballé. L’ultra grand angle est resté dans le sac jusqu’à l’apparition des étoiles, faute d’un décor assez proche. Par contre le 35mm (monté sur boitier APS-C il cadre comme un 50mm en format 24×36) était de la fête !

Au matin, le léger voile atmosphérique qui avait fait notre bonheur la veille au soir avait disparu. Le ciel était par conséquent assez peu flamboyant. Mais le soleil nous offrit un contre-jour extraordinaire sur les falaises italiennes du Mont Blanc. C’était l’occasion de se rappeler qu’un téléobjectif a aussi sa place en photo de paysage.

Retrouvez les photos de cette série en meilleure qualité dans la galerie.

Le Plan du Lac

Après un beau bivouac au lac d’Arpy, , nous avons repassé le Petit Saint Bernard et enchainé sur le col de l’Iseran. Xavier m’avait demandé de l’emmener visiter un spot photo magique : le Plan du Lac.

L’accès au Plan du Lac

Pour ceux qui ne connaissent pas, le Plan du Lac se trouve près de Termignon , en Haute-Maurienne-Vanoise. On quitte Termignon par une petite route jusqu’à un grand parking. Au-delà la route est réservée aux alpagistes, gardiens de refuges et secours. En effet, nous entrons dans la zone cœur du Parc National de la Vanoise, une zone protégée. Le refuge est à moins d’une heure de marche facile de ce parking. Nous avons donc un refuge tout confort et facile d’accès (sauf l’hiver).

Un site naturel extraordinaire

On passe un premier lac juste avant d’arriver au refuge. Il est assez photogénique mais il y a bien mieux quand on scrute un peu la carte IGN ! Un peu après le refuge on trouve en effet un petit coin de steppe parsemé de petits lacs. En se retirant il y a 15000 ans, les glaciers ont laissé de nombreux trous d’eau patiemment creusés dans les roches. Et… face à nous, se reflétant dans ces petits miroirs, la face sud de la Grande Casse ! Le point culminant du massif domine le site de ses 3850m d’altitude.

N’oublions pas toutefois que nous sommes dans un milieu naturel doublement fragile : une zone humide en montagne. Le Parc National est là pour nous le rappeler et en assurer la protection.

Le matériel photo

Si la météo est avec vous, ce site est extraordinaire pour le photographe, même débutant. Difficile de ne pas en ramener une bonne photo, tellement les possibilités de cadrages sont infinies. Ici l’amateur d’ultra grand angle se fait plaisir, combinant des premiers plans variés avec la Grande Casse en toile de fond. Compte tenu de l’accès facile et du confort du refuge, on peut bien entendu se surcharger un peu de matériel photo… Donc n’oubliez surtout pas vos filtres polarisants, ND Grad, ni votre trépied !

Xavier face à la Grande Casse

Retrouvez les photos de cette série en meilleure qualité dans la galerie.

Le lac d’Arpy

Ce fut une vraie joie lorsque mon ami et photographe Xavier Beaudoux m’a demandé si je pouvais l’emmener quelques jours en bivouac en septembre 2018. Une belle opportunité, qu’un photographe que j’admire requiert mes services ! Restait à trouver les bons sites… Un des premiers qui me vint à l’idée était le lac d’Arpy, pour sa vue extraordinaire sur les Grandes Jorasses.

Venir au lac d’Arpy

Depuis Bourg Saint Maurice on y est assez vite le col du Petit Saint Bernard. On redescend côté italien sur le village valdôtain de La Thuile avant de remonter à un petit col moins connu, le col de San Carlo (ou Saint Charles). C’est de ce col que commence la courte et facile randonnée pour le lac d’Arpy. 100m de dénivelée, environ 3km, s’il y a un bivouac facile d’accès c’est bien celui-là ! Qui plus est, l’altitude des lieux étant peu élevée, il y fait encore bon assez tard dans la saison. Il y a aussi assez d’herbages pour y installer un bivouac très confortable. Il faudra juste composer avec la multitude de campeurs qui auront eu la même idée…

Une fois la tente installée, il n’y a plus qu’à contempler. La muraille de la face italienne des Grandes Jorasses vient se refléter dans le lac d’Arpy, changeant de couleurs à mesure que la lumière évolue. Quelques mélèzes ornent ce paysage, qui doivent lui donner une lumière différente avec les couleurs automnales d’octobre. Pas de doute, je vais être obliger de retourner bivouaquer un jour au lac d’Arpy !

L’équipement photo

Pas besoin de matériel photo professionnel ici : l’ultra grand-angle ne rend que peu hommage aux Grandes Jorasses. Un grand angle classique entre 24 et 35mm (en 24*36) donnera tout son potentiel. Les focales standard autour de 50mm sont bien adaptées aussi.

Par contre les filtres polarisants restent utiles, comme toujours en photo de paysage ! Si comme moi vous aimez les premiers plans bien présents, pensez aussi à un filtre ND Grad. Quant au trépied, il reste toujours indispensable en bivouac !

Xavier en action

Retrouvez les photos de cette série en meilleure qualité dans la galerie.

Week-end dans les Hautes Combes

Les Hautes Combes du Jura ont toujours eu une place à part dans mon cœur. Une partie de ma famille vivant dans la région, j’y ai naturellement passé beaucoup de mes vacances pendant mon enfance. J’y venais autant l’été que l’hiver, pour goûter à la neige ou pour faire les foins avec les cousins.

Le relief, très doux, est particulièrement adapté au ski de fond, véritable institution régionale. Mes premiers souvenirs à skis ressemblent donc plus à la Transjurassienne qu’au Criterium de la Première Neige !

Mais cette fois-ci, c’est au printemps que j’y suis venu. Je voulais faire découvrir la douceur des paysages des Hautes Combes à ma petite famille. 3-4 jours pour profiter des jonquilles au moment où fondaient les derniers névés, dans la ferme des cousins.

J’ai aussi pu profiter largement de la météo clémente pour jouer un peu avec mon matériel photo, quitte à me coucher tard et me lever tôt. Ce ne sont certainement pas mes meilleures photos, mais c’est une partie de mon enfance.

Ce qui peut le plus surprendre le promeneur, c’est cet habitat dispersé. Historiquement, l’Abbaye de Saint Claude l’avait imposé comme une manière de diviser pour mieux régner. La commune de Bellecombe est la plus caractéristique, elle n’a carrément pas de village ! La Mairie-école était, fut un temps, le bâtiment le plus isolé de la commune. Les fermes sont dispersées de part et d’autre de la combe, sur plusieurs kilomètres. Elles ont toutes la même orientation vers le sud-ouest, offrant les tavaillons de cette façade aux intempéries.

Vous trouverez plus d’infos sur cette belle région sur le site des Hautes Combes du Jura. Quelques-unes des photos illustrant cet articles sont à retrouver en meilleure qualité dans ma galerie.

Shooting photo : Kung-fu au Monal

Une série photo assez éloignée de mes habitudes ! Mon ami Jérôme est prof de Kung-fu à ses heures perdues. Il m’avait demandé au printemps précédent de lui faire quelques photos pour son asso. Mais le résultat (lumière, environnement) n’était pas satisfaisant. C’est pourquoi nous avons profité des lumières de l’automne pour refaire une séance de Kung-fu au Monal.

Le Monal, si vous ne connaissez pas, c’est bien dommage. C’est peut-être le paysage le plus emblématique de toute la Tarentaise. Un hameau d’alpage niché au creux d’une combe glaciaire, avec en toile de fond les glaciers du Mont Pourri. Bref, c’est une carte postale parfaite, et un beau fond d’écran pour une séance photo. Il y a même des petits étangs pour jouer avec les reflets.

Je ne vais pas vous expliquer le Kung-fu, je ne connais rien au sujet. Alors place aux photos !

Nous avons d’abord utilisé les majestueux glaciers du Mont Pourri comme toile de fond, le plus délicat fut ici de gérer le contre-jour. J’ai essayé de varier les cadrages autant que les focales. Mon principal regret est de n’avoir pas vu un petit soucis de mise-au-point avec mon télé-objectif. Dommage, j’aimais bien l’impression de gigantisme qu’il donnait à la scène avec le personnage minuscule devant les glaciers…

Le village surplombé des falaises de son verrou glaciaire rendait bien aussi comme décor, surtout avec le jaune automnal des mélèzes. Nous avons aussi fait quelques tentatives de reflets sur un des petits lacs du village.

Vous pourrez trouver plus d’infos sur les activités de Jérôme sur sa page Facebook Shing Ling.

D’autres photos du Monal viendront peut-être un jour s’inviter dans ma galerie… Ça me titille d’aller y faire un lever ou un coucher de soleil.

Au fil des Alpes Grées

Durant l’été 2017, j’ai réalisé un trek original au fil des Alpes Grées avec des groupes différents, dans un sens puis dans l’autre. Les Alpes Grées, c’est ce massif frontalier qui s’étend du Col du Petit Saint Bernard, jusqu’au Massif du Grand Paradis. Plus confidentiel que ses voisins du Mont Blanc, de la Vanoise ou du Grand Paradis, le massif des Alpes Grées offrent cependant assez de sentiers balisés et de refuges accueillants pour de beaux itinéraires en se jouant des frontières.

Après un premier séjour en juillet avec des clients anglais, j’ai pu y retourner en septembre avec un autre groupe d’habitués. J’avais profité des lumières d’automne pour emporter l’appareil photo.

Refuge du Ruitor et Lac du Petit

La première journée était assez courte, il s’agissait simplement de monter au Refuge du Ruitor. J’ai pu facilement motiver le groupe pour une balade supplémentaire au lac du Petit. De là, la vue sur les glaciers du Ruitor est belle. La descente s’est faite avec le soleil déclinant.

L’Archeboc sous la pluie et la neige

La deuxième journée devait être une jolie randonnée tranquille, passant par le lac Noir du Monséti. Mais les éléments en avaient décidé autrement, et c’est sous la pluie que le refuge de l’Archeboc nous vit arriver. Ce fut une longue après-midi de lecture à l’abri, tout en faisant sécher nos affaires… Seul le crépuscule nous redonna un peu d’espoir pour le lendemain.

Mario Bezzi, l’autre versant des Alpes Grées

La troisième journée de ce trek nous vit basculer sur l’autre versant des Alpes Grées, en Italie. C’est par le Col du Mont que nous sommes passés dans le Valgrisenche, pour rejoindre le Refuge Mario Bezzi, niché au bord d’un petit lac avec vue sur les glaciers italiens de la Grande Sassière.

Le col du Rocher Blanc

Quatrième et dernier jour de trek, nous repassâmes en France par le col du Rocher Blanc, ou col Vaudet, qui ferme le fameux vallon du Clou. Magnifique vallon sauvage, il est dominé par les glaciers de la Balme, qui alimentent par leurs chutes de séracs un étonnant glacier régénéré, perdu au creux des alpages.

Le vallon du Clou est un riche alpage toujours en activité, mais les vieux chalets ont été abandonnés. Les glaciers du Mont Pourri lui offrent une toile de fond de toute beauté.

Vous retrouverez certaines de ces photos en meilleure définition dans ma galerie ici et .

La Haute-Maurienne sans frontière

Pour relancer un peu ce blog négligé, je vais publier de temps en temps mes séries de photo. On commence donc avec un petit trek en Haute-Maurienne.

Ça pourrait paraître un peu doublon avec les publications dans la galerie ou sur les réseaux sociaux. Cependant, ça permet surtout d’avoir une vision différente d’une série, plus cohérente, avec un petit récit et des photos inédites.

On va donc commencer avec une série pas toute récente, de juillet 2016. Cet été-là j’avais proposé à des clients un trek de 5 jours en Haute-Maurienne (Savoie) qui cheminait de part et d’autre de la frontière italienne. Comme c’étaient des clients réguliers et qu’on dormait en refuge, je m’étais permis une petite surcharge de matériel photo…

La première journée ne fut pas très longue mais sportive quand même, pour profiter d’un panorama imprenable sur le lac du Mont Cenis. La météo n’ayant pas vraiment été de la partie, je n’en ai gardé que peu de photos.

La journée suivante nous a vu basculer sur l’Italie en empruntant un itinéraire possible d’Hannibal : le col Clapier. La vue sur la vallée de Suze était extraordinaire.

Puis le retour vers la Haute-Maurienne par un ancien col glaciaire. Une journée difficile techniquement à cheminer dans des pierriers puis sur des névés rescapés de l’hiver.

La quatrième journée ne fut pas de tout repos non plus, avec encore de la neige mais toujours les paysages époustouflants de la Haute Maurienne.

En enfin, la dernière journée nous vit redescendre près de la civilisation. Son premier contact fut l’étonnante chapelle de Saint Pierre d’Extravache

N’hésitez pas à aller voir quelques-unes de ces photos en grand format dans la galerie !

Stage photo en Oisans face à la Reine Meije

Avec mon collègue Marc Chevallay nous avions programmé un stage photo « facile » en Haute Maurienne Vanoise pour ce mois de septembre 2014. Nous avons choisi de déplacer ce stage photo en Oisans, n’ayant qu’un seul stagiaire inscrit et qui était ouvert à toute proposition. C’était l’opportunité d’en faire aussi une sorte de stage « d’exploration ».

Stage photo montagne

Pourquoi ce stage photo en Oisans ?

Tous deux amoureux des montagnes, et pas seulement de celles qui nous entourent, nous avions envie depuis un moment faire une sortie photo face à la Meije pour repérer les lieux et proposer un jour un stage photo en Oisans. L’occasion était donc trop belle de combiner à la fois le repérage dans un coin dont nous connaissions déjà le potentiel, et un stage photo original avec un stagiaire prêt à nous suivre.

Nous avons donc choisi d’aller passer la nuit au refuge du Goléon, face à la Meije. La présence du lac du Goléon, avec d’un côté la Meije et de l’autre l’envers des Aiguilles d’Arve, devait nous assurer quelques belles prises même avec une météo mitigée. Sans compter que, d’après les renseignements de Marc, quelques vautours étaient signalés dans le secteur.

Récit de stage

Nous sommes arrivés à la Grave en début d’après-midi après avoir récupéré notre stagiaire en gare de Grenoble, covoiturage oblige pour minimiser l’emprunte écologique de ce stage photo en Oisans.

La marche jusqu’au refuge du Goléon n’est pas longue mais il y a un peu de dénivelée malgré tout, nous y sommes arrivés juste à temps pour un rafraichissement avant de repartir, délestés de nos sacs, explorer les abords du lac. L’occasion surtout d’évaluer correctement le niveau technique de notre stagiaire et lui prodiguer les bons conseils en prévision d’un coucher de soleil qui s’annonçait intéressant.

Intéressant, il l’a été ! Un plafond nuageux dense, mais qui a laissé filtrer les derniers rayons du soleil, juste au raz des sommets de l’Oisans qui nous faisaient face, une lumière comme on aime en avoir ! La soirée s’est poursuivie tard sous les étoiles, en compagnie du gardien lui aussi amateur de photos, de voie lactée et de génépi.

Le lendemain matin le réveil n’a pas été facile, les nuages nous ayant fait hésiter… un peu trop pour vraiment profiter des premières lueurs du jour. Malgré tout la moisson d’images de ce stage photo en Oisans n’a pas été mauvaise du tout, et nous avons encore pu largement profiter de la matinée dans ce vallon du Goléon.