Un soir au Plan de la Lai

Par une belle journée d’automne, je décidai d’enfourcher mon fidèle destrier (une Honda 125 aussi puissante que feu ma 4L). L’envie m’avait pris d’aller voir si le soleil se couchait correctement du côté du Plan de la Lai. Il faut dire que, quelques semaines plus tôt, une collègue m’avait envoyé une photo du coucher de soleil prise dans le coin. Et, ma foi, ça semblait plutôt intéressant.

Le Plan de la Lai

Direction, disais-je, le Plan de la Lai. Pour ceux qui ne connaissent pas, c’est derrière le Cormet de Roselend, le col qui traverse le Beaufortain.
Juste derrière ce col mythique du Tour de France, côté Beaufort, se trouve ce petit plateau dénommé Plan de la Lai. Il y a des chalets, un torrent et ses méandres, une petite mare, bref : de quoi faire des photos. Après quelques tâtonnements assez moyen près de la mare, je décidai de descendre un peu le torrent. J’y trouvai enfin une composition intéressante.

En remontant vers le Cormet de Roselend

Le soleil n’étant pas encore au plus bas, je remontais sur ma monture pour revenir en direction du col. Avisant un chemin, je m’y engageai. Je trouvai enfin un point de vue proche de la photo que l’on m’avait envoyé. Pour ne rien gâcher, j’y arrivai pile au bon moment. Le ciel s’enflammait, les méandres du Plan de la Lai luisaient sous la lumière dorée et une mer de nuages pointait le bout de son nez sur Beaufort.

Pluie d’étoiles sur les Chapieux

En tournant le dos au Plan de la Lai, l’envie me prit de faire un détour par la vallée des Chapieux. Je n’avais pas envie d’en rester là, même si le froid commençait à gagner !

Je filai donc vers ce lieu au nom pompeux qu’est la Ville des Glaciers. En fait de ville, un petit groupe de chalets d’alpage au pied de la belle pyramide de l’Aiguille des Glaciers. La nuit commençait à venir, il me fallait attendre encore un peu pour voir apparaitre assez d’étoiles.

C’est en grelottant que je déployai mon trépied sous les étoiles, et je ne le regrettai pas. La nuit était claire le Glacier des Glaciers (oui oui, c’est son nom) luisait sous la la lumière nocturne.

Je rentrai chez moi frigorifié mais heureux, avec quelques belles photos dans ma besace (albums « Beaufortain » et « Haute-Tarentaise« )

Le miroir du Cormet de Roselend

Pour terminer le séjour de Xavier, après un bivouac au Lac d’Arpy et une nuit au refuge du Plan du Lac, j’ai décidé d’explorer un nouveau site. Un autre ami photographe m’avait il y a quelques années envoyé une surprenante photo du Mont Blanc se reflétant dans un lac, près du Cormet de Roselend. J’avais mis du temps à trouver d’où il avait bien pu la prendre !

Un lac sans nom

Ce petit lac n’a pas de nom connu ni de chemin tracé sur les cartes. Il se trouve pourtant tout près d’un lieu touristique très fréquenté : le Cormet de Roselend. Il est perché à plus de 2000m d’altitude dans le Beaufortain et offre une belle vue sur le Mont Blanc. Un beau lieu pour bivouaquer ! Je ne donnerai pas plus d’informations, pour préserver un des rares lieux peu fréquentés de la région, ainsi que la tranquillité des vaches qui y pâturent.

Autant dire que nous y étions tranquilles, à peine perturbés par la curiosité des vaches ! Le plus difficile fut finalement de trouver un endroit assez plat et pas trop caillouteux pour y planter la tente ! En effet, malgré l’altitude modeste, le lac se trouve au pied de nombreux éboulis et d’une imposante moraine, à priori formée par un glacier rocheux peut-être encore actif.

De l’adaptation du photographe

Quelques linaigrettes ont fait notre bonheur le temps que le Mont Blanc prenne des couleurs, puis tout s’est emballé. L’ultra grand angle est resté dans le sac jusqu’à l’apparition des étoiles, faute d’un décor assez proche. Par contre le 35mm (monté sur boitier APS-C il cadre comme un 50mm en format 24×36) était de la fête !

Au matin, le léger voile atmosphérique qui avait fait notre bonheur la veille au soir avait disparu. Le ciel était par conséquent assez peu flamboyant. Mais le soleil nous offrit un contre-jour extraordinaire sur les falaises italiennes du Mont Blanc. C’était l’occasion de se rappeler qu’un téléobjectif a aussi sa place en photo de paysage.

Retrouvez les photos de cette série en meilleure qualité dans la galerie.