Le chörten de Dingboche

Balade au Népal

Amoureux de l’Himalaya depuis fort longtemps, il fallait bien que j’aille m’y promener un jour. Je fus sans doute attiré là par Tintin au Tibet, les diapos népalaises de mes parents et la série « Jonathan » de Cosey. J’avais enfin pu réaliser ce vieux rêve himalayen en 2007 avec un voyage au Ladakh. Le Népal était mon premier choix mais la guerre civile se terminait à peine. Je découvrais le Ladakh au hasard d’un livre et y partis pour un mois et demi et deux petits treks en solo.

En route pour le Népal !

En 2009 je voulus retourner dans ces hautes et lointaines montagnes, mais pas tout seul cette fois. J’invitais donc une bande copains à m’accompagner au Népal pour le très classique trek du camp de base de l’Everest. Nous voilà donc dans l’avion pour New Delhi, puis le train et enfin le bus jusqu’à Katmandou. Cette solution était moins chère et plus fun qu’un vol direct.

Une fois passés les effets du décalage horaire et la fatigue du voyage, nous reprîmes le bus. Cette fois pour une longue journée jusqu’à Jiri, départ classique du trek en version longue. C’était parti pour 3 semaines de marche ! La première partie devait nous amener de Jiri à Namche Bazar.

Du piémont népalais à l’Himalaya central

Les sommets enneigés étaient loin, les autres trekkers aussi. En une semaine nous avions dû croiser en tout et pour tout une cinquantaine de nos congénères. Nos compagnons de marche étaient avant tout les porteurs ravitaillant la haute vallée privée de routes. Nous, portant à peine 10-15kg, eux chargés de 50 à 100kg ! L’accueil dans les lodges y était rustique, mais sincère, les enfants souvent curieux.

En passant l’aéroport de Lukla, ce fut un changement d’univers. D’un coup nous retrouvions le monde du tourisme de masse, mais aussi nous nous rapprochions des hautes montagnes. Deux jours de repos (actif !) à Namche Bazar pour nous acclimater à l’altitude. En une semaine nous avions évolué entre 1500 et 3500m d’altitude, pas grand chose pour la région. Namche, c’est un peu la capitale des Sherpas. Lieu de passage pour les trekkers comme pour les locaux, le village s’est beaucoup agrandi. Il abrite un marché fort bien achalandé par des Tibétains qui passent la frontière à pieds par des cols souvent glaciaires…

Direction l’Everest

De là, nous repartîmes en direction de l’Everest, mais avec un petit détour par Dingboche. Pour nous acclimater, toujours, mais aussi voir de près les belles pentes de l’Ama Dablam. Premières nuits au-dessus de 4000m, nous frôlions les 5000m et ralentissions le pas…

De Dingboche, il y avait la possibilité de passer le Kongma La – « la » signifiant « col » dans divers dialectes tibétains. C’est un « petit » col culminant à 5535m, le premier de la trilogie des cols du Khumbu. L’hésitation fut grande mais l’acclimatation insuffisante. Nous empruntâmes donc sagement la vallée, pour remonter le long du Khumbu Glacier. Notre objectif était le Kala Patthar, un tas de cailloux au pied de la belle pyramide du Pumo Ri. Un tas de cailloux de 5600m quand même, avec une vue imprenable sur Sa Majesté l’Everest. Un tas de cailloux qui nous aura vu cracher nos poumons pour voir un paysage nuageux. On aura vu l’Everest, mais la lumière aura manqué au photographe.

Par les cols du Népal

Un nouveau retour en arrière, jusqu’au front du Khumbu Glacier, pour bifurquer au pied du Cho La, deuxième col de la trilogie. Celui-ci fait tranquillement ses 5368m et, contrairement au Kala Patthar que nous avions pu gravir légers, nous dûmes y hisser nos sacs. Le petit glacier débonnaire du sommet fut une délivrance et, suprême outrage, quelques-uns d’entre nous marquâmes le coup par une pause clope. Une clope à 5368m d’altitude, ça a une autre saveur.

La descente sur Gokyo ne me laissa pas beaucoup de souvenirs, jusqu’à la traversée du Ngozumba Glacier. Un fleuve de glace s’écoulant sur 10km depuis le sommet du Cho Oyu, sa traversée eût un petit goût d’aventure malgré le balisage.

Gokyo et le Renjo La

Gokyo se présenta comme un bel endroit pour une pause de deux jours. Des yacks, des lacs, des montagnes et un glacier gigantesque. Certains, impatients de retrouver un peu de civilisation, décidèrent de redescendre sur Namche. Les autres préférèrent se balader une journée avant de franchir un dernier col le lendemain, le Renjo La.

La montée au Renjo La sembla bien facile après ces semaines d’acclimatation sur les sentiers du Népal. Du haut du col, nous pûmes enfin admirer l’Everest et le Lhotse sous le soleil, la vue portait même jusqu’au lointain Makalu.

Derrière le Renjo La, ce fut la vallée de Thame, puis la descente sur Namche et l’acrobatique aéroport de Lukla. Et de là, un Twin Otter nous ramena à Katmandou, capitale du Népal, un peu moins au milieu des montagnes.

Retour à Katmandou

Notre première idée, de retour à Katmandou, fut d’aller dévorer un beefsteak après quelques semaines de dahl bhat. La deuxième fut de visiter quelques sites touristiques incontournables de la vallée. Le stupa de Bodnath était le premier sur la liste, suivi de la petite ville de Badrinath et du « monkey temple » de Swayambunath. La vallée de Katmandou regorge d’autres lieux à visiter, mais nous étions attendus dans la plaine. En effet, un français croisé au Cho La nous avait invités dans le Parc National de Bardia. Son Racy Shade Resort était un bon endroit pour découvrir la jungle, bien que le tigre se soit finalement fait discret…

Leaving for Nepal, a long way to Varanasi

A l’origine, nous avions prévu de rejoindre Varanasi depuis Katmandou. Ça ne faisait pas un gros détour pour ensuite aller chercher notre avion à New Delhi. Ce que nous n’avions pas réalisé, l’usage du smartphone et de google map étant assez marginal en 2009, c’est que depuis Bardia ce n’était plus du tout la même direction. Qu’importe, nous ne le savions pas et nous voilà entassés dans un jeep trouvée à Nepalganj, frontière entre l’Inde et le Népal. Nous n’arrivâmes à Varanasi qu’à 3h du matin, après nous être copieusement perdus en route. Nos chauffeurs n’avaient pas osé avouer qu’ils ne savaient pas où ils nous emmenaient.

Les trois jours prévus sur place ne furent pas de trop pour nous poser un peu. Pas grand chose à visiter, à part errer dans les ruelles et sur les ghâts, l’essence d’un voyage en Inde en somme. Et surtout, après s’être réveillé en pestant contre le muezzin de 5h du matin, profiter d’interminables levers de soleil sur le Gange, avant que les macaques n’achèvent de réveiller bruyamment les derniers dormeurs. Le chant du muezzin est infiniment plus doux que les joutes territoriales des macaques.

Le Taj Mahal

Nous avions réservé notre billet de train Varanasi – Agra depuis la France, histoire de nous éviter des galères sur place. Il n’y a pas à dire, les trains couchettes indiens n’étaient pas mal. Pour le coup, Agra se trouve vraiment sur le chemin pour rentrer à New Delhi depuis Varanasi, il eût été dommage de ne pas voir le Taj Mahal une fois dans notre vie. Peut-être un des monuments les plus touristiques de tout le sous-continent, mais une belle façon de terminer un voyage.

Comme d’habitude, la plupart de ces photos sont visibles en plus grand dans la galerie photo, ici pour les photos prises au Népal, et là pour celles prises à Agra et Varanasi.

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