La Traversée du Zanskar

Suite à mon voyage au Népal, je rêvais de retourner au Ladakh. Ce fut chose faite en 2011 lorsque j’emmenais trois copains faire le trek de la Traversée du Zanskar. Le Zanskar, c’est cet ancien petit royaume souvent assimilé au Ladakh. Situé au sud de celui-ci, il fait la jonction avec l’Himachal Pradesh. La traversée n’est pas techniquement difficile, c’est de la grande randonnée. Mais elle est longue de trois semaines, et l’on franchi de nombreux cols à plus de 4000m d’altitude.

A travers l’Himachal Pradesh

Le moyen le plus simple de rejoindre le départ sud de la Traversée du Zanskar, c’est de passer par Manali. Lorsqu’on atterrit à New Delhi, il suffit de trouver un bus avec l’aide d’une agence, et on y est en une nuit. Une longue nuit un peu chaotique, d’où l’intérêt de se reposer ensuite quelques jours avant de débuter le trek… Il y a quelques temples à visiter autour de Manali, quelques balades sympas. Et puis c’est l’Inde après tout, on ne s’y ennuie jamais !

De Manali, nous avions choisi le bus local pour rallier Keylong. Nos vertèbres le regrettèrent mais on ne peut pas prétendre jouer les backpackers et voyager en taxi ! Dans tous les cas il fallait franchir le Rohtang La, un col à près de 4000m sur une route défoncée. Il permet d’entrer au Lahaul, transition culturelle et climatique entre les forêts de sapins de Manali l’hindoue, et les déserts d’altitude du Zanskar bouddhiste. Keylong n’a pas beaucoup d’autre intérêt que d’éviter de mal dormir en roulant, le lendemain matin un autre bus amène à Darsha assez rapidement.

Et là, la randonnée commence.

Le Shingo La, porte du Zanskar

Après avoir attendu notre horseman quelques heures (nous avait-il oublié ?), le trek débuta. Si le début fût monotone sur une route caillouteuse remontant une vallée peu accidentée, nos horsemen Tashi et Stanzin s’avérèrent d’excellents compagnons de route. Tashi était amoureux de ses chevaux, et un excellent guide bien que cela ne fût pas son métier. Son cousin Stanzin, plus discret, était tout aussi sympathique. Ce n’est qu’une semaine plus tard que nous apprîmes par hasard qu’il était en réalité médecin.

Nos deux compères étaient accompagnés de 4 chevaux, pour transporter les bagages et 10 jours de vivres. Ah oui : ils n’avaient accepté de nous guider que jusqu’à Padum, la capitale du Zanskar à mi-chemin du trek. Ils craignaient de ne pouvoir rentrer chez eux avant l’hiver. A nous de leur trouver des successeurs une fois là-bas.

Une autre équipe nous rejoigna au premier bivouac. Quatre Australiens un peu plus soucieux de leur confort que nous. Deux guides, deux horsemen, deux cuisiniers et douze chevaux ! Après réflexion nous cessâmes de nous moquer, après tout ils faisaient vivre plus de monde que nous… Ils nous tiendraient compagnie une semaine, avant de bifurquer vers un itinéraire plus original que le nôtre.

Partis de Darsha à 3300m d’altitude, il nous fallu 3 jours de marche pour passer les 5095m du Shingo La. Ce premier col nous ouvrait la porte du Zanskar, tout en me martelant le crâne de migraines pendant les 4 jours passés au-dessus de 4000m. Ce n’était pas mon premier séjour à ces altitudes, et je réalisais à quel point le corps réagissait différemment d’une fois sur l’autre. Le paracétamol ne me fût d’aucun secours. Je dû me contenter d’attendre la perte d’altitude en ingurgitant quotidiennement une dizaine de litres de liquides variés pour atténuer le pic vert.

Les premiers villages de la Kargyak Chu

Le village de Kargyak arriva comme un retour au monde des humains, après ces quelques jours en altitude. Accueillis par une bande de gamins exigeant nos passeports, nous ne nous attardâmes guère. Peut-être un moyen qu’avaient trouvé leurs parents pour s’assurer un peu de tranquillité après la saison de trekking ?

Suivant nos compagnons de route, nous installâmes le campement près du village de Shing. L’accueil y fût fort sympathique, quoiqu’un peu indiscret de notre part. J’en vins presque à ranger mon appareil tant le comportement de nos compères Australiens était digne de paparazzi.

D’autres villages s’égrainèrent au fil de la Kargyak Chu (« chu » signifiant « eau » en Ladakhi, sauf erreur de ma part). Des rencontres sympathiques au bord du chemin et des montagnes toujours aussi belles. Nous installâmes le campement suivant pour deux jours à Purna, à la confluence de la Tsarap Chu.

Phuktal Gompa, le Zanskar fantasmé

Lorsque l’on arrive à Purna, la petite balade en remontant la rivière de la Tsarap est quasiment une obligation. On ne fait pas la traversée du Zanskar sans visiter le monastère de Phuktal. Accroché à la falaise, semblant sortir de la grotte qui le surplombe, Phuktal est certainement le monastère le plus emblématique du Zanskar.

Si les lieux semblent conformes à l’image que l’on en a avant d’y venir, il faut bien se rappeler que l’on n’y est pas le premier touriste à débarquer. Et que les moines ont très bien compris qu’un trekker venu d’Europe sera une source de financement bien plus efficace pour entretenir les lieux, que les dévots de la région. Il n’est donc pas illogique de devoir payer l’entrée du temple. Cela peut paraitre surprenant au premier abord, mais assez banal.

La visite se commença par l’habituel thé au beurre. Bien que très amateur de cette boisson tant redoutée de mes congénères, j’avoue avoir eu quelque mal avec celui de Phuktal… Peut-être un des beurres les plus rances de tout le Zanskar. D’autant plus qu’il me fallu m’occuper discrètement des tasses de mes camarades réfractaires à ce breuvage.

Pendant notre visite, un groupe de moines s’affairait dans un coin. Ils étaient en grande conversation avec notre horseman Stanzin, étonnamment volubile. Ce furent ces moines qui nous apprirent sa qualité de médecin ayurvédique. Son avis au sujet de la poudre miracle qu’ils préparaient importait donc grandement !

Le salaire de la peur

Notre retour au monde moderne fût moins réjouissant. Après deux journées de marche dans les gorges en direction de Padum, nous rejoignîmes le bout de la route à Reru. Alors que nous venions d’installer notre campement, quatre camions Tata arrivèrent tonitruants dans la poussière de cette plaine sablonneuse. Il en descendît une douzaine de chauffeurs cachemiris, qui passèrent une partie de l’après-midi à nous dévisager lourdement. Tashi et Stanzin disparurent rapidement sous la tente.

L’ambiance ne s’allégea pas quand il nous fallu discuter des jours à venir. Deux d’entre nous comptaient arrêter à Padum, qu’ils rejoindraient en taxi à cause d’une douleur au genou. Il faudrait donc dans la soirée trouver un taxi, et dans les jours suivants une autre caravane pour les deux qui continueraient jusqu’à Lamayuru. Et tout ceci sous le regard indiscret voire franchement menaçant de nos voisins camionneurs.

Heureusement, le départ des camionneurs et la confirmation du taxi détendit un peu l’atmosphère. La journée suivante fût agréable pour les deux marcheurs restants, au rythme des travaux des champs le long du chemin. Labours, battage de l’orge, tri du grain et de la balle… Une journée pleine de rencontres. L’arrivée à Padum fut moins romantique. La petite ville s’était urbanisée sauvagement comme tant d’autres au bord des routes ladakhies. Après un moment de flottement le temps de retrouver nos compagnons arrivés en taxi, un chicken-dalh-rice et une douche à la bouilloire furent un réel luxe.

Zangla ou l’espoir d’une caravane

Padum restera pour moi le souvenir d’un lieu de passage sans vraiment d’âme, et synonyme d’attente. Attente d’informations sur l’hypothétique date de départ d’un bus fantôme, attente de places dans un taxi, attente de connexion internet, attente de trouver une caravane pour finir la traversée.

C’est finalement le village de Zangla qui nous offrit une porte de sortie. Un nom sur un bout de papier nous mena chez Stanzing Rabyang, merveilleux personnage qui nous hébergea trois jours dans sa homestay. Cette perspective fut autrement plus agréable que la main road de Padum, le temps de nous aider à trouver un horseman. Pendant ce temps, nos deux autres compagnons trouvèrent une place gratuite dans une jeep pour Leh.

Sur la route de Zangla, le monastère de sTongde nous offrit un accueil plus que sympathique, sans doute dû à sa désaffection des guides touristiques. Probablement un des meilleurs thés au beurre du Zanskar, quoiqu’en concurrence avec celui que nous offrit la mère de notre chauffeur de taxi.

Le séjour à Zangla fut émaillé de balades à l’ancien palais royal, travaux publics avec la communauté villageoise (entrecoupés de railleries de la part des femmes), cuisine, lessive, discussions sur la vie au Zanskar. Stanzing nous trouva assez vite un horseman, avec qui la négociation se fit à notre désavantage de manière flagrante. Je n’ai jamais été bon négociateur, mais à ce point…

On the road again, au bord du Zanskar

Nous voici donc repartis à travers les montagnes, ou plus précisément au bord du fleuve Zanskar pour commencer. Cette première étape fut en effet aussi tranquille qu’un long fleuve, mais largement suffisante pour le poulain qui nous accompagna.

L’étape suivante nous vit passer notre premier col de cette partie de la traversée. Un tout modeste celui-là : le Parfi La ne souhaitait pas passer la barre des 3900m d’altitude. Cependant il se fit venteux et froid, mais nous offrit une vue magnifique.

L’arrivée au campement survint assez tôt, l’ombre et le vent aussi. Nous n’y fûmes pas seuls, des allemands et des tchèques venus du nord nous rejoignirent.

Lingshed, village mythique

Pour qui s’intéresse au Zanskar, certains noms deviennent très vite familiers, tellement ces lieux font l’unanimité quant à leur beauté. Il en va ainsi de Lingshed.

Nous y arrivâmes après le passage du Hanuma La, à 4745m. Curieusement, il nous paru moins difficile que celui de la veille, malgré leurs 1000m d’écart. Du col il fallu nous rendre à l’évidence : conformément à la carte, Lingshed se cachait derrière une crête qu’il nous faudrait franchir.

Lingshed est un village à l’habitat étonnamment dispersé, les paysages n’en sont pas moins incroyables. L’après-midi se passa à aider la famille qui nous lassa planter la tente sur leur terrain. Ils étaient occupés à battre l’orge avec l’aide des yacks. La soirée fut placé sous le signe du chang. Manifestement la famille avait fait de grosses provisions de cette bière d’orge.

Photaksar, le retour à la route

Le départ de Lingshed fut agréable dans une belle lumière d’automne. Deux cols un peu raides nous ramenèrent à la réalité, la chaleur étant de la partie malgré les 4450m d’altitude du Kyupa La. Le campement, au pied du col du lendemain, était agréable et jouissait d’une belle vue.

Le lendemain, le chantier de la route fut vite rejoint, notre départ matinal nous permis de passer avant le démarrage des pelleteuses. Le col fut vite atteint. La fourberie de nos horsemen aussi, qui nous jouèrent une jolie comédie sur fond d’accident imaginaire. Notre naïveté, encouragée par le manque d’oxygène, nous fit terminer l’étape lestés de 20kg sur le dos. Les deux margoulins avaient gagné une journée sur leur retour. Assez de temps pour cuver leur rhum hors de la surveillance de leurs femmes…

Heureusement, le chemin n’était pas difficile jusqu’à Photaksar, et le paysage nous fit un peu oublier cette petite mésaventure. N’ayant plus de réchaud pour cuisiner, il nous fallait désormais trouver dans chaque village une maison d’accueil. Ce qui ne fut pas toujours facile compte tenu de la barrière de la langue, et surtout de l’approche de l’hiver. En effet, chaque ration mangée à l’automne risquait de manquer durant l’hiver. Et l’argent gagné en vendant un repas à des touristes ne permettra pas de se ravitailler avant la fonte des neiges… Une famille accepta cependant de nous faire à manger. La nuit fut un peu écourtée par une attaque de yacks dans les haubans de la tente.

La route de Lamayuru

Le passage du Sirsir La fut quelque peu monotone, même en coupant les lacets de la route. Heureusement, le paysage était encore à couper le souffle. Le village de Hanupata était beau lui aussi, au pied de falaises colorées. Cette fois-ci nous ne prîmes aucun risque alimentaire, et choisîmes de dormir dans une guesthouse. Choix qui nous procura aussi une bouteille de bière.

Le chemin du lendemain fut bien plus long qu’espéré, bien que descendant. Des gorges impressionnantes nous accompagnèrent jusqu’à l’agréable village de Phanjila. La suite, que j’avais parcouru en sens inverse quatre ans plus tôt, fut d’une monotonie affligeante. Wanla, où j’espérais trouver un endroit pour planter la tente, ressemblait de plus en plus à Padum. L’accueil fut encore plus bizarre à Shila, où nous dormîmes dans une maison en chantier et dûmes négocier longuement pour avoir un peu d’eau chaude pour réchauffer nos plats lyophilisés de secours.

La dernière étape fut très courte mais agréable dans ce décor de canyons que j’avais déjà parcouru dans l’autre sens. Notre traversée prit fin à Lamayuru sur le coup des 10h du matin. Je découvris avec étonnement que la route passait désormais dans le village.

Le hasard nous fît visiter le monastère de Lamayuru au moment d’une prière, à laquelle nous fûmes invités. J’eus du mal à ne pas gâcher ce moment, l’appareil photo me démangeait… Ma comparse s’en chargea pour moi : entrainée par les psalmodies, elle commença à vaciller au rythme des prières. Son dandinement eu comme effet de déconcentrer un jeune novice qui, à deux doigts d’éclater de rire, en oublia de souffler dans sa trompe. Bref, ma première puja oscilla entre mystique et burlesque. La soirée se termina par une douche ladakhie : un seau d’eau brûlante dans une salle de bains glaciale, la meilleure des douches !

Retour à Leh

Chose banale en Inde, il nous fallu attendre longtemps le bus, il faut dire qu’il était parti de Kargil vers 4h30. Il était bondé, une partie du trajet se passa à l’extérieur, cramponné à ce que je trouvai près de la porte. L’inconfort des routes ladakhies dans un bus transportant le double de passagers que prévus, me fit presque regretter la marche.

Je retrouvais Leh quatre ans après mon premier passage. Certains de mes repères étaient toujours là mais la ville et ses environs avaient beaucoup changé. Une de mes premières préoccupations fut de trouver une banque, le bus ayant liquidé mes dernières roupies. La suivante fut de trouver un pantalon, le mien peinant à cacher mon caleçon à grands renforts d’elastoplast depuis une bonne semaine.

Le trek était bel et bien fini, mais je n’en était qu’à la moitié de mon voyage. Et la suite allait me faire apprécier les vertus de l’improvisation aléatoire.

Comme d’habitude, vous pouvez retrouver la plupart des photos de cet article en grand format dans ma galerie. En ordre dispersé dans les albums Himachal Pradesh, Kargyak Chu, Tsarap Chu, Padum and around, Zanskar valley et Ladakh.

Un site génial pour découvrir le Ladakh et préparer votre voyage : ladak.free.fr (ne vous fiez pas à son design un peu désuet).

Une nuit dans le Cirque des Evettes

J’avais découvert il y a quelques années une photo étonnante d’un glacier se terminant brutalement dans un lac de montagne. Un peu à la façon d’un glacier groenlandais ou patagon. C’était le Glacier du Grand Méan, et je m’étais promis d’aller y bivouaquer un jour. Plus récemment, une photo du Cirque des Evettes me poussa à y aller pour faire d’une pierre deux coups. Je pourrais profiter du coucher et du lever de soleil près du refuge des Evettes, avant d’aller repérer le glacier dans la matinée.

Un cirque glaciaire en Haute Maurienne

Le cirque des Evettes se trouve sur la commune de Bonneval-sur-Arc, tout au bout de la vallée de la Maurienne. Dominé par la pointe de l’Albaron, il offre encore quelques glaciers au regard. Mais ce qui le rend exceptionnel, c’est que ces glaciers ont laissé des traces très visibles de leur retrait depuis le Petit Âge Glaciaire. On retrouve de nombreux dépôts morainiques sur le petit plateau au pied du cirque, ainsi qu’un lac glaciaire.

Le pont romain du Cirque des Evettes

Il y a deux accès au Cirque des Evettes pour le randonneur. Le plus facile est de monter droit au-dessus du hameau de l’Ecot pour arriver directement au refuge des Evettes. De là, on découvre d’un coup la vue sur le site. Il faudra compter deux ou trois heures de marche pour monter au refuge des Evettes, selon votre forme. Quelqu’un de bien entrainé le fera en à peine une heure.

L’autre itinéraire est plus délicat, à réserver aux randonneurs aguerris et à éviter un jour de pluie. Il s’agit de remonter le ruisseau de la Reculaz, puis ses gorges, pour arriver à l’entrée du plateau. Plus délicat, cet itinéraire est aussi plus étonnant. En effet, à la sortie des gorges de la Reculaz on passe devant un « pont romain » (l’est-il vraiment ?) fort esthétique. Ce pont donne accès au cirque et au Grand Méan. Une cascade se jette aussi dans les gorges après avoir franchi le pont. Bref, c’est l’itinéraire du photographe !

Le brouillard étouffe les flammes

Vous l’aurez deviné, je suis monté par les gorges de la Reculaz et j’ai fait une longue pause près du pont romain avant d’arriver au refuge. A peine arrivé, je ressortais mon matériel photo du sac pour aller au bord des petits lacs jouxtant le refuge des Evettes. Fin septembre la nuit arrive déjà vite. Le coucher de soleil fut de courte durée, il y avait peu du nuages d’altitude pour embraser le ciel. Qui plus est, le brouillard vint assez vite fermer la vue. Mais j’avais deux ou trois belles prises. Quelques nuages accrochés à la Pointe de Bonneval ou l’Albaron avaient bien voulu s’enflammer.

Le Cirque des Evettes sous les étoiles

Le brouillard ayant quelque peu contrecarré mes plans de photographier la voie lactée, j’allais me coucher tôt et mis mon réveil heu… tôt. 5h30 précisément. Ce fut une excellente idée, le ciel était totalement dégagé et je pus enfin faire joujou tester mon nouvel équipement, plus adapté que l’ancien aux conditions de faible éclairage. Un vrai bonheur de prendre le petit déjeuner tout en photographiant le Cirque des Evettes sous extraordinaire un ciel étoilé !

L’heure pourpre

Peu à peu, les étoiles s’éteignant, une curieuse ambiance pourpre vint baigner le Cirque des Evettes. Si l’heure bleue est bien connue des photographes, je faisais connaissance avec l’heure pourpre. Plus haut et mieux exposé que ses voisins, l’Albaron semblait briller dans la pénombre. Ce ne fut pas une surprise de le voir capter les rayons du soleil avant tout le monde. Cette ambiance magique s’estompant avec l’arrivée du soleil, je me remis en chemin.

Un petit air patagon

Dominant le Cirque des Evettes, le Mont Seti cache une surprise offerte par le réchauffement climatique : le lac du Grand Méan. En se retirant, le glacier éponyme a laissé un surcreusement dans lequel s’attardent ses eaux de fonte. Rien d’exceptionnel, à part que le front du glacier s’interrompt brutalement dans ce lac. Ces falaises de glace sont déjà moins banales dans les Alpes, on a plutôt l’habitude de les observer en Patagonie ou au Groenland ! D’autres apparaitront sans doute ailleurs, celui-ci ne durera pas. Ce fut donc pour moi une occasion unique de faire un voyage lointain pour observer les icebergs. Et cela, sans quitter la Savoie.

Il faut compter une heure ou deux depuis le refuge des Evettes pour monter au Grand Méan. Il est indispensable d’être autonome en montagne et de savoir lire une carte, car c’est hors sentiers ! De nombreux passages étant sur des dalles rocheuses, il est préférable d’attendre que l’été soit bien installé, et d’éviter les jours de pluie.

Le Cirque des Evettes côté photo

Les Cirque des Evettes mérite vraiment le grand angle tellement il est grandiose. J’ai fait toutes mes photos du cirque au 15mm (avec un réflex 24:36, soit l’équivalent d’un 10mm pour un capteur APS-C). Le glacier du Grand Méan et ses mini-icebergs, eux, sont parfaits pour laisser libre court à l’imagination et varier les focales !

J’ai aussi profité de cette sortie pour découvrir mon nouvel équipement. En effet, je venais de m’offrir un boitier 24:36 (le format grand public de l’époque de la pellicule), le Pentax K1. Le capteur étant plus grand que celui de mon ancien boitier, j’ai dû mettre à jour mon parc d’objectifs.

J’avais déjà quelques objectifs compatibles, mais il me manquait un ultra grand angle. Le nouveau Pentax 15-30mm f/2.8 était bien trop lourd et surtout trop cher pour moi. J’ai donc opté pour le Irix 15mm f/2.4, dans sa version « légère » (550g quand même). Imposant, mais quelle qualité d’images !

Comme à l’accoutumée, vous pourrez retrouver les photos de cet article dans la galerie.

Balade au Népal

Amoureux de l’Himalaya depuis fort longtemps, il fallait bien que j’aille m’y promener un jour. Je fus sans doute attiré là par Tintin au Tibet, les diapos népalaises de mes parents et la série « Jonathan » de Cosey. J’avais enfin pu réaliser ce vieux rêve himalayen en 2007 avec un voyage au Ladakh. Le Népal était mon premier choix mais la guerre civile se terminait à peine. Je découvrais le Ladakh au hasard d’un livre et y partis pour un mois et demi et deux petits treks en solo.

En route pour le Népal !

En 2009 je voulus retourner dans ces hautes et lointaines montagnes, mais pas tout seul cette fois. J’invitais donc une bande copains à m’accompagner au Népal pour le très classique trek du camp de base de l’Everest. Nous voilà donc dans l’avion pour New Delhi, puis le train et enfin le bus jusqu’à Katmandou. Cette solution était moins chère et plus fun qu’un vol direct.

Une fois passés les effets du décalage horaire et la fatigue du voyage, nous reprîmes le bus. Cette fois pour une longue journée jusqu’à Jiri, départ classique du trek en version longue. C’était parti pour 3 semaines de marche ! La première partie devait nous amener de Jiri à Namche Bazar.

Du piémont népalais à l’Himalaya central

Les sommets enneigés étaient loin, les autres trekkers aussi. En une semaine nous avions dû croiser en tout et pour tout une cinquantaine de nos congénères. Nos compagnons de marche étaient avant tout les porteurs ravitaillant la haute vallée privée de routes. Nous, portant à peine 10-15kg, eux chargés de 50 à 100kg ! L’accueil dans les lodges y était rustique, mais sincère, les enfants souvent curieux.

En passant l’aéroport de Lukla, ce fut un changement d’univers. D’un coup nous retrouvions le monde du tourisme de masse, mais aussi nous nous rapprochions des hautes montagnes. Deux jours de repos (actif !) à Namche Bazar pour nous acclimater à l’altitude. En une semaine nous avions évolué entre 1500 et 3500m d’altitude, pas grand chose pour la région. Namche, c’est un peu la capitale des Sherpas. Lieu de passage pour les trekkers comme pour les locaux, le village s’est beaucoup agrandi. Il abrite un marché fort bien achalandé par des Tibétains qui passent la frontière à pieds par des cols souvent glaciaires…

Direction l’Everest

De là, nous repartîmes en direction de l’Everest, mais avec un petit détour par Dingboche. Pour nous acclimater, toujours, mais aussi voir de près les belles pentes de l’Ama Dablam. Premières nuits au-dessus de 4000m, nous frôlions les 5000m et ralentissions le pas…

De Dingboche, il y avait la possibilité de passer le Kongma La – « la » signifiant « col » dans divers dialectes tibétains. C’est un « petit » col culminant à 5535m, le premier de la trilogie des cols du Khumbu. L’hésitation fut grande mais l’acclimatation insuffisante. Nous empruntâmes donc sagement la vallée, pour remonter le long du Khumbu Glacier. Notre objectif était le Kala Patthar, un tas de cailloux au pied de la belle pyramide du Pumo Ri. Un tas de cailloux de 5600m quand même, avec une vue imprenable sur Sa Majesté l’Everest. Un tas de cailloux qui nous aura vu cracher nos poumons pour voir un paysage nuageux. On aura vu l’Everest, mais la lumière aura manqué au photographe.

Par les cols du Népal

Un nouveau retour en arrière, jusqu’au front du Khumbu Glacier, pour bifurquer au pied du Cho La, deuxième col de la trilogie. Celui-ci fait tranquillement ses 5368m et, contrairement au Kala Patthar que nous avions pu gravir légers, nous dûmes y hisser nos sacs. Le petit glacier débonnaire du sommet fut une délivrance et, suprême outrage, quelques-uns d’entre nous marquâmes le coup par une pause clope. Une clope à 5368m d’altitude, ça a une autre saveur.

La descente sur Gokyo ne me laissa pas beaucoup de souvenirs, jusqu’à la traversée du Ngozumba Glacier. Un fleuve de glace s’écoulant sur 10km depuis le sommet du Cho Oyu, sa traversée eût un petit goût d’aventure malgré le balisage.

Gokyo et le Renjo La

Gokyo se présenta comme un bel endroit pour une pause de deux jours. Des yacks, des lacs, des montagnes et un glacier gigantesque. Certains, impatients de retrouver un peu de civilisation, décidèrent de redescendre sur Namche. Les autres préférèrent se balader une journée avant de franchir un dernier col le lendemain, le Renjo La.

La montée au Renjo La sembla bien facile après ces semaines d’acclimatation sur les sentiers du Népal. Du haut du col, nous pûmes enfin admirer l’Everest et le Lhotse sous le soleil, la vue portait même jusqu’au lointain Makalu.

Derrière le Renjo La, ce fut la vallée de Thame, puis la descente sur Namche et l’acrobatique aéroport de Lukla. Et de là, un Twin Otter nous ramena à Katmandou, capitale du Népal, un peu moins au milieu des montagnes.

Retour à Katmandou

Notre première idée, de retour à Katmandou, fut d’aller dévorer un beefsteak après quelques semaines de dahl bhat. La deuxième fut de visiter quelques sites touristiques incontournables de la vallée. Le stupa de Bodnath était le premier sur la liste, suivi de la petite ville de Badrinath et du « monkey temple » de Swayambunath. La vallée de Katmandou regorge d’autres lieux à visiter, mais nous étions attendus dans la plaine. En effet, un français croisé au Cho La nous avait invités dans le Parc National de Bardia. Son Racy Shade Resort était un bon endroit pour découvrir la jungle, bien que le tigre se soit finalement fait discret…

Leaving for Nepal, a long way to Varanasi

A l’origine, nous avions prévu de rejoindre Varanasi depuis Katmandou. Ça ne faisait pas un gros détour pour ensuite aller chercher notre avion à New Delhi. Ce que nous n’avions pas réalisé, l’usage du smartphone et de google map étant assez marginal en 2009, c’est que depuis Bardia ce n’était plus du tout la même direction. Qu’importe, nous ne le savions pas et nous voilà entassés dans un jeep trouvée à Nepalganj, frontière entre l’Inde et le Népal. Nous n’arrivâmes à Varanasi qu’à 3h du matin, après nous être copieusement perdus en route. Nos chauffeurs n’avaient pas osé avouer qu’ils ne savaient pas où ils nous emmenaient.

Les trois jours prévus sur place ne furent pas de trop pour nous poser un peu. Pas grand chose à visiter, à part errer dans les ruelles et sur les ghâts, l’essence d’un voyage en Inde en somme. Et surtout, après s’être réveillé en pestant contre le muezzin de 5h du matin, profiter d’interminables levers de soleil sur le Gange, avant que les macaques n’achèvent de réveiller bruyamment les derniers dormeurs. Le chant du muezzin est infiniment plus doux que les joutes territoriales des macaques.

Le Taj Mahal

Nous avions réservé notre billet de train Varanasi – Agra depuis la France, histoire de nous éviter des galères sur place. Il n’y a pas à dire, les trains couchettes indiens n’étaient pas mal. Pour le coup, Agra se trouve vraiment sur le chemin pour rentrer à New Delhi depuis Varanasi, il eût été dommage de ne pas voir le Taj Mahal une fois dans notre vie. Peut-être un des monuments les plus touristiques de tout le sous-continent, mais une belle façon de terminer un voyage.

Comme d’habitude, la plupart de ces photos sont visibles en plus grand dans la galerie photo, ici pour les photos prises au Népal, et là pour celles prises à Agra et Varanasi.

Le miroir du Cormet de Roselend

Pour terminer le séjour de Xavier, après un bivouac au Lac d’Arpy et une nuit au refuge du Plan du Lac, j’ai décidé d’explorer un nouveau site. Un autre ami photographe m’avait il y a quelques années envoyé une surprenante photo du Mont Blanc se reflétant dans un lac, près du Cormet de Roselend. J’avais mis du temps à trouver d’où il avait bien pu la prendre !

Un lac sans nom

Ce petit lac n’a pas de nom connu ni de chemin tracé sur les cartes. Il se trouve pourtant tout près d’un lieu touristique très fréquenté : le Cormet de Roselend. Il est perché à plus de 2000m d’altitude dans le Beaufortain et offre une belle vue sur le Mont Blanc. Un beau lieu pour bivouaquer ! Je ne donnerai pas plus d’informations, pour préserver un des rares lieux peu fréquentés de la région, ainsi que la tranquillité des vaches qui y pâturent.

Autant dire que nous y étions tranquilles, à peine perturbés par la curiosité des vaches ! Le plus difficile fut finalement de trouver un endroit assez plat et pas trop caillouteux pour y planter la tente ! En effet, malgré l’altitude modeste, le lac se trouve au pied de nombreux éboulis et d’une imposante moraine, à priori formée par un glacier rocheux peut-être encore actif.

De l’adaptation du photographe

Quelques linaigrettes ont fait notre bonheur le temps que le Mont Blanc prenne des couleurs, puis tout s’est emballé. L’ultra grand angle est resté dans le sac jusqu’à l’apparition des étoiles, faute d’un décor assez proche. Par contre le 35mm (monté sur boitier APS-C il cadre comme un 50mm en format 24×36) était de la fête !

Au matin, le léger voile atmosphérique qui avait fait notre bonheur la veille au soir avait disparu. Le ciel était par conséquent assez peu flamboyant. Mais le soleil nous offrit un contre-jour extraordinaire sur les falaises italiennes du Mont Blanc. C’était l’occasion de se rappeler qu’un téléobjectif a aussi sa place en photo de paysage.

Retrouvez les photos de cette série en meilleure qualité dans la galerie.

Le Plan du Lac

Après un beau bivouac au lac d’Arpy, , nous avons repassé le Petit Saint Bernard et enchainé sur le col de l’Iseran. Xavier m’avait demandé de l’emmener visiter un spot photo magique : le Plan du Lac.

L’accès au Plan du Lac

Pour ceux qui ne connaissent pas, le Plan du Lac se trouve près de Termignon , en Haute-Maurienne-Vanoise. On quitte Termignon par une petite route jusqu’à un grand parking. Au-delà la route est réservée aux alpagistes, gardiens de refuges et secours. En effet, nous entrons dans la zone cœur du Parc National de la Vanoise, une zone protégée. Le refuge est à moins d’une heure de marche facile de ce parking. Nous avons donc un refuge tout confort et facile d’accès (sauf l’hiver).

Un site naturel extraordinaire

On passe un premier lac juste avant d’arriver au refuge. Il est assez photogénique mais il y a bien mieux quand on scrute un peu la carte IGN ! Un peu après le refuge on trouve en effet un petit coin de steppe parsemé de petits lacs. En se retirant il y a 15000 ans, les glaciers ont laissé de nombreux trous d’eau patiemment creusés dans les roches. Et… face à nous, se reflétant dans ces petits miroirs, la face sud de la Grande Casse ! Le point culminant du massif domine le site de ses 3850m d’altitude.

N’oublions pas toutefois que nous sommes dans un milieu naturel doublement fragile : une zone humide en montagne. Le Parc National est là pour nous le rappeler et en assurer la protection.

Le matériel photo

Si la météo est avec vous, ce site est extraordinaire pour le photographe, même débutant. Difficile de ne pas en ramener une bonne photo, tellement les possibilités de cadrages sont infinies. Ici l’amateur d’ultra grand angle se fait plaisir, combinant des premiers plans variés avec la Grande Casse en toile de fond. Compte tenu de l’accès facile et du confort du refuge, on peut bien entendu se surcharger un peu de matériel photo… Donc n’oubliez surtout pas vos filtres polarisants, ND Grad, ni votre trépied !

Xavier face à la Grande Casse

Retrouvez les photos de cette série en meilleure qualité dans la galerie.

Le lac d’Arpy

Ce fut une vraie joie lorsque mon ami et photographe Xavier Beaudoux m’a demandé si je pouvais l’emmener quelques jours en bivouac en septembre 2018. Une belle opportunité, qu’un photographe que j’admire requiert mes services ! Restait à trouver les bons sites… Un des premiers qui me vint à l’idée était le lac d’Arpy, pour sa vue extraordinaire sur les Grandes Jorasses.

Venir au lac d’Arpy

Depuis Bourg Saint Maurice on y est assez vite le col du Petit Saint Bernard. On redescend côté italien sur le village valdôtain de La Thuile avant de remonter à un petit col moins connu, le col de San Carlo (ou Saint Charles). C’est de ce col que commence la courte et facile randonnée pour le lac d’Arpy. 100m de dénivelée, environ 3km, s’il y a un bivouac facile d’accès c’est bien celui-là ! Qui plus est, l’altitude des lieux étant peu élevée, il y fait encore bon assez tard dans la saison. Il y a aussi assez d’herbages pour y installer un bivouac très confortable. Il faudra juste composer avec la multitude de campeurs qui auront eu la même idée…

Une fois la tente installée, il n’y a plus qu’à contempler. La muraille de la face italienne des Grandes Jorasses vient se refléter dans le lac d’Arpy, changeant de couleurs à mesure que la lumière évolue. Quelques mélèzes ornent ce paysage, qui doivent lui donner une lumière différente avec les couleurs automnales d’octobre. Pas de doute, je vais être obliger de retourner bivouaquer un jour au lac d’Arpy !

L’équipement photo

Pas besoin de matériel photo professionnel ici : l’ultra grand-angle ne rend que peu hommage aux Grandes Jorasses. Un grand angle classique entre 24 et 35mm (en 24*36) donnera tout son potentiel. Les focales standard autour de 50mm sont bien adaptées aussi.

Par contre les filtres polarisants restent utiles, comme toujours en photo de paysage ! Si comme moi vous aimez les premiers plans bien présents, pensez aussi à un filtre ND Grad. Quant au trépied, il reste toujours indispensable en bivouac !

Xavier en action

Retrouvez les photos de cette série en meilleure qualité dans la galerie.

Week-end dans les Hautes Combes

Les Hautes Combes du Jura ont toujours eu une place à part dans mon cœur. Une partie de ma famille vivant dans la région, j’y ai naturellement passé beaucoup de mes vacances pendant mon enfance. J’y venais autant l’été que l’hiver, pour goûter à la neige ou pour faire les foins avec les cousins.

Le relief, très doux, est particulièrement adapté au ski de fond, véritable institution régionale. Mes premiers souvenirs à skis ressemblent donc plus à la Transjurassienne qu’au Criterium de la Première Neige !

Mais cette fois-ci, c’est au printemps que j’y suis venu. Je voulais faire découvrir la douceur des paysages des Hautes Combes à ma petite famille. 3-4 jours pour profiter des jonquilles au moment où fondaient les derniers névés, dans la ferme des cousins.

J’ai aussi pu profiter largement de la météo clémente pour jouer un peu avec mon matériel photo, quitte à me coucher tard et me lever tôt. Ce ne sont certainement pas mes meilleures photos, mais c’est une partie de mon enfance.

Ce qui peut le plus surprendre le promeneur, c’est cet habitat dispersé. Historiquement, l’Abbaye de Saint Claude l’avait imposé comme une manière de diviser pour mieux régner. La commune de Bellecombe est la plus caractéristique, elle n’a carrément pas de village ! La Mairie-école était, fut un temps, le bâtiment le plus isolé de la commune. Les fermes sont dispersées de part et d’autre de la combe, sur plusieurs kilomètres. Elles ont toutes la même orientation vers le sud-ouest, offrant les tavaillons de cette façade aux intempéries.

Vous trouverez plus d’infos sur cette belle région sur le site des Hautes Combes du Jura. Quelques-unes des photos illustrant cet articles sont à retrouver en meilleure qualité dans ma galerie.

Shooting photo : Kung-fu au Monal

Une série photo assez éloignée de mes habitudes ! Mon ami Jérôme est prof de Kung-fu à ses heures perdues. Il m’avait demandé au printemps précédent de lui faire quelques photos pour son asso. Mais le résultat (lumière, environnement) n’était pas satisfaisant. C’est pourquoi nous avons profité des lumières de l’automne pour refaire une séance de Kung-fu au Monal.

Le Monal, si vous ne connaissez pas, c’est bien dommage. C’est peut-être le paysage le plus emblématique de toute la Tarentaise. Un hameau d’alpage niché au creux d’une combe glaciaire, avec en toile de fond les glaciers du Mont Pourri. Bref, c’est une carte postale parfaite, et un beau fond d’écran pour une séance photo. Il y a même des petits étangs pour jouer avec les reflets.

Je ne vais pas vous expliquer le Kung-fu, je ne connais rien au sujet. Alors place aux photos !

Nous avons d’abord utilisé les majestueux glaciers du Mont Pourri comme toile de fond, le plus délicat fut ici de gérer le contre-jour. J’ai essayé de varier les cadrages autant que les focales. Mon principal regret est de n’avoir pas vu un petit soucis de mise-au-point avec mon télé-objectif. Dommage, j’aimais bien l’impression de gigantisme qu’il donnait à la scène avec le personnage minuscule devant les glaciers…

Le village surplombé des falaises de son verrou glaciaire rendait bien aussi comme décor, surtout avec le jaune automnal des mélèzes. Nous avons aussi fait quelques tentatives de reflets sur un des petits lacs du village.

Vous pourrez trouver plus d’infos sur les activités de Jérôme sur sa page Facebook Shing Ling.

D’autres photos du Monal viendront peut-être un jour s’inviter dans ma galerie… Ça me titille d’aller y faire un lever ou un coucher de soleil.

Au fil des Alpes Grées

Durant l’été 2017, j’ai réalisé un trek original au fil des Alpes Grées avec des groupes différents, dans un sens puis dans l’autre. Les Alpes Grées, c’est ce massif frontalier qui s’étend du Col du Petit Saint Bernard, jusqu’au Massif du Grand Paradis. Plus confidentiel que ses voisins du Mont Blanc, de la Vanoise ou du Grand Paradis, le massif des Alpes Grées offrent cependant assez de sentiers balisés et de refuges accueillants pour de beaux itinéraires en se jouant des frontières.

Après un premier séjour en juillet avec des clients anglais, j’ai pu y retourner en septembre avec un autre groupe d’habitués. J’avais profité des lumières d’automne pour emporter l’appareil photo.

Refuge du Ruitor et Lac du Petit

La première journée était assez courte, il s’agissait simplement de monter au Refuge du Ruitor. J’ai pu facilement motiver le groupe pour une balade supplémentaire au lac du Petit. De là, la vue sur les glaciers du Ruitor est belle. La descente s’est faite avec le soleil déclinant.

L’Archeboc sous la pluie et la neige

La deuxième journée devait être une jolie randonnée tranquille, passant par le lac Noir du Monséti. Mais les éléments en avaient décidé autrement, et c’est sous la pluie que le refuge de l’Archeboc nous vit arriver. Ce fut une longue après-midi de lecture à l’abri, tout en faisant sécher nos affaires… Seul le crépuscule nous redonna un peu d’espoir pour le lendemain.

Mario Bezzi, l’autre versant des Alpes Grées

La troisième journée de ce trek nous vit basculer sur l’autre versant des Alpes Grées, en Italie. C’est par le Col du Mont que nous sommes passés dans le Valgrisenche, pour rejoindre le Refuge Mario Bezzi, niché au bord d’un petit lac avec vue sur les glaciers italiens de la Grande Sassière.

Le col du Rocher Blanc

Quatrième et dernier jour de trek, nous repassâmes en France par le col du Rocher Blanc, ou col Vaudet, qui ferme le fameux vallon du Clou. Magnifique vallon sauvage, il est dominé par les glaciers de la Balme, qui alimentent par leurs chutes de séracs un étonnant glacier régénéré, perdu au creux des alpages.

Le vallon du Clou est un riche alpage toujours en activité, mais les vieux chalets ont été abandonnés. Les glaciers du Mont Pourri lui offrent une toile de fond de toute beauté.

Vous retrouverez certaines de ces photos en meilleure définition dans ma galerie ici et .

Balade dans le Norfolk en photo

A priori, ce n’est pas en Angleterre que j’imaginais me faire un jour plaisir en photo. C’était sans compter une belle-famille anglaise. Donc des vacances dans un pays dont je ne connaissais finalement pas grand chose, malgré sa proximité géographique. C’est donc lors d’une visite à la famille qu’on est allés se faire une petite balade dans le Norfolk.

Le Norfolk est un comté situé au nord de la région d’Est-Anglie. Vous y trouverez des paysages côtiers variés, avec des terres basses érodées mais aussi des falaises crayeuses. On y trouve entre autres des plages de sable peuplées de touffes d’herbe assez photogéniques.

Le petit coin du North Norfolk où nous avons séjourné est assez étonnant. J’y ai découvert de vastes paysages de landes, lardés de bras de mer sinueux et étroits. Ce qui fait qu’à marée haute, on peu voir circuler des bateaux à l’intérieur des terres !

Bref, si un jour vous avez envie de vous faire une tournée des pubs pour goûter de bonnes pale ales ailleurs qu’à Londres, dans l’Angleterre profonde, une balade dans le Norfolk peut s’envisager !

Vous retrouverez certaines de ces photos en plus grand format dans ma galerie photo.